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CONSEILS PRATIQUES EN CAS DE DOULEUR VULVAIRE

Les conseils proposés le sont à titre informatif, il ne s’agit en aucun cas de directives ou de contraintes supplémentaires. Ils doivent être modulés et adaptés par chacune d’entre vous et en fonction des traitements qui vous ont été proposés.

1) Conseils pour éliminer toute source d’irritation locale

 HABILLEMENT

 ‐ Porter de préférence des sous-vêtements en matière naturelle comme le coton et non en matière synthétique plus propice à la macération, à la transpiration persistante et au déclenchement d’allergies de contact.

‐ Eviter le port les sous-vêtements serrés source de frottements répétitifs et de micro-traumatismes surtout si vous les portez régulièrement et si vous bougez beaucoup. Chacune doit trouver la matière et le modèle qui lui convient et réserver le port du string aux activités statiques. (Les strings sont à l’origine de frottements répétés à hauteur des coutures)

 LESSIVE

 ‐ Laver ses sous vêtements avec des lessives développées et testées avec des dermatologues : lessives anti-allergiques ou formule hypo-allergénique. 

 ‐ Eviter d’utiliser des produits assouplissants qui peuvent contenir des substances irritantes.

‐ Laver les sous-vêtements neufs avant de les porter : ils contiennent des apprêts qui peuvent être allergisants. Penser à bien rincer.

‐ Privilégier des sous vêtement de couleur claire : plus la couleur est foncée, plus ils contiennent de colorants et de substances chimiques potentiellement allergisantes.

 HYGIENE

 Toilette générale:

 ‐ Une fois par jour ; plus en cas de transpiration excessive secondaire à des efforts physiques ou par temps de chaleur.

 ‐ Préférer la douche au bain. Si vous êtes amatrice de bain : limiter sa durée à 20mn, proscrire les bains moussants et éviter les bains bouillonnants type jacuzzi.

 ‐ Eviter le contact du shampoing.

 Toilette intime:

 ‐ Laver l’intérieur de la vulve uniquement avec de l’eau tiède ou froide. Le vestibule vulvaire est recouvert d’une muqueuse et non de peau, il est donc plus fragile et plus sensible, toute agression doit être évitée.

 ‐ Privilégier les savons, crèmes, huiles adaptés à la physiologie féminine à PH neutre (7) ne perturbant pas l’acidité naturelle. Eviter les produits contenant des substances irritantes (parfums…) et parfois antiseptiques susceptibles de détruire les lactobacilles vestibulaires nécessaires à l’équilibre écologique vulvaire.

‐ Se méfier des lingettes humides et ne s’en servir que de façon occasionnelle, notamment à cause de l’absence de rinçage.

- Rasage ou épilation des poils pubiens: Pour prévenir une folliculite locale, laver la vulve avec un savon adapté, désinfecter localement avec un antiseptique (chorhexidine). Désinfecter à nouveau avant de remettre un sous-vêtement propre.

‐ Eviter les crèmes dépilatoires.

 MICTIONS

 ‐ En journée, il est préférable d’uriner à intervalles réguliers (toute les 3h en moyenne) avant que la vessie soit pleine.

 ‐ Choisir de préférence un papier toilette blanc (non coloré), non parfumé et procéder à un essuyage délicat. L’idéal serait de rincer la vulve à l’eau.

 REGLES

 ‐ Utiliser de préférence des serviettes (et des tampons hygiéniques) 100% coton, sans chlore et sans parfum. La composition n’est pas toujours indiquée. Il existe des tampon et serviettes en coton biologique (magasin et coopérative bio).

‐ Les protections périodiques doivent être changées régulièrement (environ 4h selon l’abondance des règles). On peut s’endormir avec un tampon.

‐ L’emploi du tampon étant douloureux en cas de vulvodynie, s’il s’avère nécessaire d’y avoir recours : utiliser un tampon avec applicateur, enduire l’extrémité de celui-ci et le vestibule vulvaire d’un peu de lubrifiant ; appliquer éventuellement au préalable une noisette de gel anesthésiant sur le vestibule ; profiter de la douche pour retirer le tampon.

 LEUCORRHEE

 Les pertes blanches sont émises en quantité variable selon les femmes. L’important est d’accepter sa physiologie. L’emploi des protège-slips s’est généralisé mais ce dernier peut contenir des substances allergisantes d’autant qu’ ils contiennent une face plastifiée imperméable qui maintient la vulve dans ne humidité locale. Il est donc préférable de changer de sous vêtement 2 fois par jour que d’utiliser un protège-slip.

 2) Conseils pour faciliter les rapports sexuels

L’insuffisance de lubrification vaginale, l’hypersensibilité du vestibule et le défaut de relâchement des muscles périnéaux entrainent des rapports sexuels douloureux.

 Les lubrifiants intimes

En cas de sécheresse vaginale relative, ils améliorent le glissement et atténue les frictions. Il en existe de nombreux et il faut trouver ce qui convient le mieux : ni trop liquide, ni trop visqueux. La vaseline n’est pas recommandée car c’est un dérivé du pétrole.

Les lubrifiants hydrosolubles sont recommandés d’autant qu’ils sont compatibles avec l’usage du préservatif.

‐ Lubrifiants à usage immédiat. Ils sèchent rapidement et peuvent nécessiter un renouvellement de l’application.

 ‐ Lubrifiants à usage prolongé (rémanence de 6 à 8 heures). Certains contiennent de l’acide hyaluronique qui constitue la substance fondamentale du tissu conjonctif ; ils procurent une lubrification optimale sous forme de film protecteur, sans apport hormonal.

Les anesthésiques locaux

 Si les rapports sont toujours douloureux malgré l’emploi de lubrifiants, vous pouvez demander à votre médecin de vous prescrire un anesthésique local. La lidocaïne est disponible sous plusieurs formes. L’anesthésique local est à appliquer sur le vestibule, plus particulièrement sur les zones sensibles en s’aidant d’un miroir,si besoin avec le doigt. Un picotement, voire une douleur survient habituellement pendant 3 à 5 mn précédant l’engourdissement de la zone concernée pendant 20 à 30 mn. Il convient d’en utiliser peu et au bon endroit : éviter le clitoris.

 ‐ Ne pas utiliser de crèmes contraceptives ou de spermicides.

 ‐ Uriner après le rapport sexuel pour prévenir une infection urinaire et rincer la vulve à l’eau froide.

‐ En cas de brûlure vulvaire persistante, appliquer de la glace ou un pack de gel congelé pendant 10 à 15 mn (dans une serviette de toilette) ou de nouveau un gel anesthésiant en quantité suffisante.

 

  3) Les activités physiques

 L’exercice physique régulier améliore la circulation et augmente la production de substance soulageant la douleur (endorphines) dans notre corps. En demeurant active, vous diminuez le risque d’accroitre la douleur due à une tension musculaire excessive.

 ‐ Prendre l’avis de votre médecin ou de votre kinésithérapeute pour définir les exercices que vous pouvez pratiquer notamment si la douleur vulvaire est accompagnée d’un syndrome myofascial.

 ‐ Eviter les sports qui entrainent une pression accrue sur la vulve : cyclisme, équitation, aviron et limiter les exercices intenses qui provoquent des frottements à hauteur de la vulve. Préférez les exercices comme la marche et le stretching. Concernant la natation : éviter les piscines fortement chlorées, privilégier celles qui utilisent d’autres moyens de désinfection comme l’ozone. Ne pas garder longtemps son maillot de bain une fois sortie de l’eau.

 ‐ Il est également possible de protéger la zone vulvaire avec une crème barrière sans additifs en cas d’activité physique pratiquée plus intensivement.

 

 4) Vie quotidienne

 Lorsque votre activité impose de longues périodes de station assise :

 ‐ Essayer de les entrecouper de périodes de station debout.

 ‐ Utiliser un coussin d’assise thérapeutique.

 ‐ Pour un soulagement en fin de journée : de l’eau froide en bain de siège ou en douche ou l’application d’un pack de gel congelé.

 ‐ Intégrer dans votre vie quotidienne la pratique de techniques de relaxation.